Oser la jeunesse

Vincent Cespedes

Editions Flammarion, 2015

La jeunesse ne se possède pas : elle s'exerce. Ce n'est pas un droit, mais une puissance. Une puissance critique et résurrectionnelle, qui soumet l'ordre établi à la question, [...] et lui permet ainsi de renaître différemment.

- Vincent Cespedes, "Oser la jeunesse" -

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POURQUOI CE LIVRE ?

Parce que Vincent Cespedes est le philosophe qui monte et dont tout le monde parle. Et puis parce que ce livre est de la vraie dynamite - malgré un titre qui évoque un programme politique un peu démago. Ne vous y trompez pas : Cespedes tape violemment sur le système, ses archaïsmes et dénonce sa volonté de conservation, son aversion au changement, et sa haine de la jeunesse. Avec une conclusion implicite : une civilisation qui n'aime pas sa jeunesse est une civilisation qui est condamnée. A lire absolument. C'est une bombe.

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

« Tout ce qui était créatif en toi s'est abîmé à l'école[...]. Tes audaces et tes ambitions, tes germes de génie : évanouis. Jusqu'au plaisir d'apprendre et de travailler. Un gâchis programmé, afin que tu ne puisses plus tenir tête à aucun système ni songer à améliorer aucune institution.  »

Cespedes en est certain : l'école est une broyeuse à talent et à ambition. Tout ce qui fait la force et la beauté de la jeunesse y est - selon lui - garrotté pour être étouffé dans l'oeuf.

« Il s'agit d'adhérer à un dogme présenté comme une marque, ou d'adorer une marque mise en scène comme un dogme [...]. La jeunesse critique est ainsi neutralisée : on en fait de la pâte à secte, corvéable à l'envi moyennant un plan de com' bien huilé.  »

Les marques : autant responsables que l'école pour Cespedes. Elles manipuleraient des jeunes en quête de foi. Comme si la démocratie ne formait plus des citoyens, mais des consommateurs.

« La technologie a beau accélérer le tournis des émissions, des modes, des ordres et des affaires, les citoyens s'assèchent en masse, passé trente ans. Partout, ce sont les mêmes conventions, les mêmes personnages, les mêmes invariants.  »

Un peu comme la hipsterisation du monde, non? Quand tout le monde se met à ressembler à tout le monde alors que tout partait d'une volonté de se démarquer...

« Le prétendu « jeunisme » qui s'étalerait sur les pages de pub [...] n'est en réalité qu'une fétichisation de la jouvence promise aux ridés, pour freiner leur déjouvencification inéluctable. Excès d'amour pour la jouvence, excès d'hostilité pour la jeunesse. »

Voilà le vrai sujet pour Cespedes : une génération de "vieux" qui refuse de céder la place aux "jeunes". Et qui cherche en plus à vampiriser son énergie vitale...

« Les valets des mondes médiatique ou universitaire qui pleurent les miettes de leur pouvoir soufflées par la Toile, la crise générale des élites et des intermédiaires, [...] l'effondrement des valeurs féodales et des hiérarchies : quelle joie, vraiment, que ces bouleversements !  »

Si les "vieux" ont peur, c'est que leur pouvoir changerait de mains !

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CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ EN éCOUTANT NIRVANA ET EN BUVANT DU TANG par Alexis

Alexis est co-fondateur de Soon Soon Soon. Il anime également les cours « Comment booster sa créativité » à la School of Life de Paris, et il est l'auteur du livre « Créez le job de vos rêves et la vie qui va avec ». Passionné de sciences de l'exploration, il partage ici ses lectures sur la créativité, l'innovation et l'exploration de soi.

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