La stratégie du choc

LA MONTéE D'UN CAPITALISME DU DéSASTRE

Naomi Klein

Editions Actes Sud, 2008

Le choc du 11 septembre fit, pour des millions de personnes, voler en éclat le « monde familier ». Il déclencha du même coup une période de désorientation et de régression que l'administration Bush exploita de main de maître.

- Naomi Klein, "La stratégie du choc " -

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POURQUOI CE LIVRE ?

Parce qu'on ne parle que de théorie du complot et "d'état de guerre" (surtout après ce qui c'est passé ce matin à Bruxelles). Alors voilà un livre pour prendre un peu de hauteur. Ce livre devint un best seller dès sa sortie aux États-Unis en 2008. Il défend la thèse selon laquelle le capitalisme a réussi à prendre le contrôle d'Etats et de de populations en état de choc après le coup d'État de Pinochet en 1973, les attentats du 11 septembre en 2001 ou encore le tsunami asiatique en 2004. Naomi Klein y explique comment une élite politico-économique a pu profiter de cataclysmes - dont des faits terroristes - pour imposer sa loi (du marché). Un livre passionnant et instructif sur le rôle de la démocratie dans un marché mondial de moins en moins régulé.

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

« Le sifflement des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants « assouplissent » les sociétés[...]. À l'instar du prisonnier terrorisé qui donne le nom de ses camarades et renie sa foi, les sociétés en état de choc abandonnent des droits. »

Et c'est ainsi que les États-Unis, après le 11 septembre 2001, attaquèrent l'Afghanistan puis l'Irak sans le moindre débat démocratique préalable, selon Klein.

« Les guerres avaient pour rôle principal d'ouvrir de nouveaux marchés jusque-là inaccessibles et, une fois la paix revenue, de générer des booms économiques. De nos jours, les interventions en cas de guerre et de catastrophe sont à ce point privatisées qu'elles constituent en soi le nouveau marché.  »

Le meilleur moment pour investir, c'est quand il y a encore du sang sur le sol, dirait-on dans les milieux économiques américains...

« Loin de soustraire les marchés aux griffes de l'État, ces membres de l'élite politique et commerciale se contentent de fusionner leurs activités et de s'échanger des faveurs afin de s'approprier les précieuses ressources qui appartenaient jusque-là au domaine public. »

Qui était par exemple le patron de Halliburton, l'entreprise d'ingénierie pétrolière qui a touché des milliards de dollars pour aider à la reconstruction en Irak ? Un certain Dick Cheney...

« En fin de compte, la guerre en Irak accoucha donc bel et bien d'un nouveau modèle économique [...], un modèle de guerre et de reconstruction privatisée [...] prêt pour l'exportation. [...] Désormais, un nouveau territoire peut s'ouvrir n'importe où, aux premiers signes d'un désastre.  »

Quels sont donc les prochains États sur la liste ?

« Radicaux uniquement dans leur pragmatisme, profondément ancrés dans les lieux où ils vivent, ces hommes et ces femmes [de terrain] se considèrent comme d'humbles bricoleurs : ils réparent les matériaux qu'ils ont sous la main, les solidifient et les améliorent, visent l'égalité.  »

La lecture d'un livre choc et bien documenté, voilà aussi un acte qui éclaire sur le "capitalisme du désastre".

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CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ AVEC UN AIR DE RéVOLUTION par Clément

Clément Pêtrès est enseignant-chercheur en intelligence artificielle à l'université Pierre et Marie Curie à Paris. Il a notamment réalisé le premier prototype de voilier autonome en 2012.

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