Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro

de Yanis Varoufakis, J.K.Galbraith et S.Holland (préface de Michel Rocard)

Editions Les Petits Matins, 2014

Nous proposons un new deal européen qui (...) permettrait d'obtenir de réels progrès en quelques mois, au moyen de mesures entièrement compatible avec l'architecture institutionnelle actuelle.

- de Yanis Varoufakis, J.K.Galbraith et S.Holland (préface de Michel Rocard), "Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro" -

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POURQUOI CE LIVRE ?

Parce que le nouveau ministre des finances Grec Yanis Varoufakis ? qui est devenu un héros dans son pays ? est en pleine tournée européenne. Alors si vous avez un dîner cette semaine, à tous les coups le sujet va venir sur la table. Donc voilà de quoi tenir la discussion : dans ce texte, Varoufakis montre qu'on peut sortir de la crise en restant « réaliste ». Pas besoin de créer de nouvelles institutions, ni de rédiger de nouveaux traités : c'est sans bouleverser le fonctionnement de l'Europe, que les trois auteurs du livre (préfacé par Michel Rocard) proposent de remettre l'économie européenne sur pieds. En seulement quelques mois. Accrochez-vous.

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

« « Modeste Proposition » : j'adore ce titre. De fait, la proposition est modeste. Modeste en ce qu'elle ne demande la modification d'aucun traité. Modeste aussi en ce qu'elle n'affronte directement aucune position souveraine d'un grand État, et notamment pas celle de l'Allemagne. »

On oublie l'idée d'un grand soir. Car comme le précise Michel Rocard dans la préface, il n'est pas question de révolution ni de repartir à zéro. La solution que les auteurs prônent est un simple ajustement de l'existant, avec un zeste de bon sens.

« Nous proposons que les banques qui doivent être recapitalisées le soient directement auprès du MES [Mécanisme européen de stabilité, ndlr]. Si l'on procédait de cette manière, ce serait le MES, et non le gouvernement national, qui restructurerait, recapitaliserait et remettrait sur pied les banques en difficultés.  »

Résoudre la crise bancaire « au cas par cas » et par le biais d'une autorité indépendante : voilà la solution préconisée pour éviter que les dettes des Etats ne deviennent incontrôlables. C'est aussi un moyen pour mettre fin aux relations trop « amicales » entre politiques et banquiers...

« Nous proposons que la BCE donne la possibilité aux Etats membres de convertir la part de leur dette qui respecte les critères de Maastricht ? soit 60% du PIB ? en une dette émise par la BCE elle-même. Dans ce schéma, chaque Etat membre continue à verser les intérêts correspondant à sa part de cette nouvelle dette. »

L'idée est de transformer la BCE en un intermédiaire entre les Etats et les investisseurs. Les Etats limiteraient ainsi leur risque d'endettement et les investisseurs bénéficieraient de meilleures garanties de remboursement. Gagnant-gagnant !

« Notre programme d'investissement en faveur de la croissance et de la cohésion devrait accomplir une double tâche: permettre des investissements qui ne soient pas financés par les contribuables des pays à excédents commerciaux et les diriger vers les régions qui en ont le plus besoin, afin de résoudre le déséquilibre des balances de paiements qui affecte la zone euro. »

Les politiques d'austérité ayant mis à mal les stratégies de croissance, les auteurs veulent remettre en oeuvre les promesses d'égalisation contenues dans le traité de Rome (1957). De quoi réduire les écarts de compétitivité au sein de la zone et mettre fin aux régions en déficit.

« L'Union européenne doit s'engager sans délai dans un Programme de solidarité sociale d'urgence qui satisfasse les besoins alimentaires et énergétiques de tous les Européens, grâce à deux mesures: un programme de bons alimentaires inspiré du programme des « food stamps » aux Etats-Unis et un programme européen d'accès minimum à l'énergie.  »

A situation exceptionnelle (« la pire crise humanitaire et sociale depuis la fin des années 1940« ), il faut une solution radicale Et l'argent, on le prend où? C'est simple: on le tire des intérêts collectés auprès des banques centrales. Tranquille.

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CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ EN S'ARRACHANT LES CHEVEUX par Olivier

Diplômé de droit, spécialisé en propriété littéraire et artistique, Olivier a travaillé plusieurs années dans le domaine de l'audiovisuel avant de devenir rédacteur pour différentes publications et sites internet. Globe-trotter et touche à tout, il dévore (et dissèque) pour 2MINBOOKS les derniers ouvrages relatifs à l'innovation.

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