King Kong Theorie

V. Despentes

Editions Livre de Poche, 2007

Entre la féminité telle que vendue dans les magazines et celle de la pute, la nuance m'échappe toujours.

- V. Despentes, "King Kong Theorie" -

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POURQUOI CE LIVRE ?

Parce que Virginie Despentes a sorti récemment un nouveau roman, Vernon Subutex, chez Grasset, dans la veine de ses écrits habituels : noir, réaliste, subversif, choc. Du coup, on s'est dit que c'était l'occasion de revenir sur son King Kong Théorie, un livre cash voire trash, qui s'en prend violemment a la domination masculine, ainsi qu'à toutes les femmes qui acceptent d'en jouer le jeu. Un bouquin qui fait des « féministes », de Simone de Beauvoir aux Chiennes de garde, des petites filles fades et dociles.

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

« J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché de la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. »

Première phrase du bouquin qui pose directement le ton et ne laisse auucn doute sur ce qui va suivre. Despentes ne s'intéresse pas aux femmes « qui y arrivent » comme elle dit, mais plutôt à toutes les autres.

« Ca n'est pas par hasard que toutes les bonnes femmes ou presque, passé un certain âge, aspirent surtout à ne pas faire de vague. Qu'on ne vienne pas nous expliquer que c'est une question de caractère ou de nature. [...] Faut voir ce qu'on prend, dès qu'on dit un peu quelque chose. [...] Il n'y a pas pire qu'être une femme jugée par des mecs. Tous les coups sont permis, à commencer par les plus crades. »

Despente parle de la violence ressentie à son égard après la sortie du film Baise Moi (1993). Et du nombre de ceux (des hommes) qui lui expliquaient ce qu'on peut dire, faire ou pas, quand on est une fille...

« Quel avantage tirons-nous de notre situation qui vaille qu'on collabore si activement ? Pourquoi les mères encouragent-elles les petits garçons à faire du bruit alors qu'elles enseignent aux filles à se taire ? Pourquoi continue-t-on de valoriser un fils qui se fait remarquer quand on fait honte à une fille qui se démarque ? »

C'est le même sujet que celui de l'orientation des enfants à l'école : aux garçons les sciences, aux filles les lettres. Bon, il paraît que les choses changent doucement...

« La féminité, c'est la putasserie. L'art de la servilité. On peut appeler ça séduction et en faire un machin glamour. [...] Massivement, c'est juste prendre l'habitude de se comporter en inférieure. Entrer dans une pièce, regarder s'il y a des hommes, vouloir leur plaire. Ne pas parler trop fort. [...] Ne pas parler d'argent. Ne pas pouvoir prendre le pouvoir. »

Dans le livre, Despentes pose cette question : pourquoi le pouvoir, l'argent, l'agressivité ou le goût de la compétition seraient-ils des attributs masculins?

« Le travail alimentaire, c'est trop contraignant pour les hommes, qui sont des artistes, des penseurs, des personnages complexes et terriblement fragiles. Le SMIC, c'est plutôt aux femmes de le gagner. Evidemment, en prime, il faudra comprendre que ça puisse les rendre violents ou désagréables d'être entretenus. »

Et elle ajoute : « Les hommes, c'est cool, on passe notre temps à les comprendre ». No comment.

« Les hommes aiment les hommes. Ils nous expliquent tout le temps combien ils aiment les femmes, mais on sait toutes qu'ils nous bobardent. Ils s'aiment entre eux. Il se baisent à travers les femmes. [...] à force de les entendre se plaindre que les femmes se baisent pas assez, n'aiment pas le sexe comme il faudrait, ne comprennent jamais rien, on ne peut s'empêcher de se demander : qu'est-ce qu'ils attendent pour s'enculer?

Euh...Et puis après? Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre?

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CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ AVEC CONVICTION par Maïlys

Diplômée de Sciences-Po, spécialisée en communication, Maïlys est une insatiable curieuse, de l'histoire aux phénomènes de société, en passant par les cultures et réflexions en tous genres. Entre un bouquin et un crayon (et un job et pléthore de projets), elle aime parler de ce qu'elle a lu.

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