De la légèreté

Gilles Lipovetsky

Editions Grasset, 2015

L'individu hypermoderne n'affiche plus l'ambition de changer le monde (...) Il veut respirer, vivre mieux et plus léger.

- Gilles Lipovetsky, "De la légèreté" -

PARTAGER

POURQUOI CE LIVRE ?

Parce que parler légèreté dans le contexte actuel, ça relève carrément de la résistance! Et on ne pouvait espèrer mieux de la part du philosophe et essayiste Gilles Lipovetsky, connu pour ses thèses sur l'hypermodernité et l'hyperconsommation, que de traiter de la légèreté comme d'une tendance lourde. Lipovetsky aborde le thème comme l'obession de notre siècle : vous, nous recherchons tous une légèreté d'esprit, de coeur, mais une légèreté pleine de paradoxes. Notre société d'hyperconsommation se veut poids plume mais se trouve pleine de lourdeurs. Un livre qui nettoye en profondeur. Pour s'envoler mieux et plus haut.

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

« C'est à présent la légèreté qui nourrit l'esprit de pesanteur. Car l'idéal de légèreté s'accompagne de normes exigeantes aux effets épuisants et parfois déprimants : avoir un corps svelte implique le plus souvent le renoncement à la tranquillité du carpe diem, une existence aux antipodes d'une vie insouciante. »

Si nous avons gagné en "légèreté de faire", nous aurions perdu en "légèreté intérieure". La quête de frivolité envahirait tous les domaines de notre vie au point de nuire à notre tranquillité d'esprit.

« La combinaison de la mobilité et d'internet a crée un nouveau paradigme de la légérèté, inscrit sous le signe du nomadisme digital. »

Avec moins de 200 grammes -le poids de votre téléphone- vous êtes connecté au monde entier. Et libre de « papillonner » sur l'immensité du réseau. Léger, toujours. Butineur.

« Notre culture est riche en célébrations narcissiques du corps, mais c'est moins l'amour de celui-ci qui triomphe que les autodépréciations esthétiques : le rendre plus beau, plus ferme, le choyer, le masser, le tonifier. »

Paradoxe: la civilisation du léger ne signifie pas une « existence légère ». Et Lipovetsky de renvoyer à la représentation de la beauté dans les magazines, avec son effet sur la façon qu'ont les femmes de concevoir leur corps.

« L'oeuvre d'art avait charge de répondre à un besoin d'absolu : elle est devenue un objet de consommation éphémère. Non plus la vénération, mais une expérience ludique et distractive au rythme d'un zapping accéléré, (...) le visiteur moyen d'un musée ne reste guère plus de quelques secondes devant les chefs d'oeuvre de l'art. »

La légérèté désignait une qualité intrinsèque de l'oeuvre. Elle renvoie désormais au rapport que nous entretenons avec celle-ci : un rapport de consommateur.

« Si ni la légérèté ni la lourdeur ne sont tout à fait en notre pouvoir, cela doit nous aider à échapper à un pessimisme radical. Rien n'est pour toujours et la légérèté perdue refleurira un matin. »

Ouf. Tout n'est pas perdu. Une question de cycle. D'ailleurs le printemps revient, non?

VOUS VOULEZ LIRE CE LIVRE DE A À Z ?

ACHETER CE LIVRE EN LIGNE
auprès d'un libraire indépendant

CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ EN APESANTEUR par Marion

Passionnée par les arts et l'anthropologie, Marion est diplômée en histoire culturelle & conseil éditorial (département philosophie, Paris IV). Nostalgique de son enfance et des soirées passées à écouter une histoire autour du feu, elle poursuit cette tradition de conteur en partageant le meilleur des ouvrages qui l'ont marquée.

ÉVALUEZ CE 2MIN’:

Note des autres lecteurs : 3 / 5