L'économie du bonheur

Claudia Senik

Editions Seuil, 2014

L'homme n'évalue ni ne ressent ses états en niveau mais uniquement en variation [...] Cela vaut pour la richesse comme pour d'autres grandeurs [...], y compris le plaisir.

- Claudia Senik, "L'économie du bonheur" -

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POURQUOI CE LIVRE ?

Parce que quand il est paru on s'est vraiment demandé : ça se mesure « objectivement » le bonheur, sérieusement? Apparemment oui. Claudia Senik, économiste, prof à la Sorbonne et spécialiste internationale de l'économie du bien-être, donne dans son livre un très bon aperçu de ce que veut dire « mesurer le bonheur ». On y comprend entre autres un peu mieux pourquoi la France figure toujours dans le top 10 des pays les plus pessimistes, alors que nous vivons dans un pays considéré comme « riche ». On appelle ça, un « déficit de bonheur ». Comment mesurer le bien-être au-delà de la réussite économique du pays ? La croissance rend-elle les gens heureux ? Début de réponse dans ce 2MIN' essentiel...

L’ESSENTIEL EN 2 MINUTES

« La modernité démocratique a fait du bonheur une idée neuve, un principe constitutionnel, presque un devoir. Dès lors que l'individu est reconnu comme une figure centrale de la société, son bonheur devient l'objectif suprême. »

Quand le bonheur devient une obligation, on le transforme en objet de pression, de stress. Avec ce que cela implique de jugements en cas de non réussite objective. Sentiment d'échec, dévalorisation, etc. Le bonheur? Il ne faudrait pas y penser!

« Les individus n'apprécient pas leur niveau de vie en dehors de tout contexte, mais par rapport a celui d'un groupe de reference ou d'une norme sociale »

En clair, l'objectivité n'existe pas et l'on passe notre temps à nous comparer. On ne pense qu'en variation, en valeur ressentie, pas en valeur absolue. Si je suis heureux aujourd'hui, c'est que tu es malheureux...

« La plupart des changements démographiques n'exercent qu'un impact transitoire: le mariage, le divorce, la naissance d'un enfant et même le veuvage s'accompagnent de pics du bonheur ou de malheur, mais leur effet finit par se dissiper au bout de quelques années. [...] à cause du phénomène d'adaptation hédonique, les efforts des individus et des sociétés pour augmenter leur richesse sont peut-être vains. »

« L'amour dure trois ans, qu'y disait »... L'état extatique est transitoire. Le bonheur passe, tout comme le malheur. Bonne nouvelle pour certains, moins pour d'autres...

« Le bonheur vient du projet lui-même plutôt que de sa réalisation [...]. Il donne aux gens un agenda personnel, un sens à leur vie quotidienne,une plus haute estime de soi. Ainsi que le Sisyphe poussant son rocher, l'homme pourrait être voué à la croissance, non pas pour être plus heureux au bout du compte, mais peut-être pour échapper a un malheur plus grand, pour échapper aux écueils qui le menacent. »

La perspective et le but motivent, mais c'est l'effort lui-même qui donne le plus de satisfaction. « It's all about the chase ! » Et surtout, atteindre le but ne sert finalement pas le bonheur qu'on prétend vouloir atteindre...

« La croissance n'est alors qu'un jeu à somme nulle, un jeu de dupes ou le défaut de coordination entraîne un gaspillage de ressources.[...] On peut se plaire a imaginer que tout les membres d'une société s'entendent pour réduire leur niveau d'activité de manière identique, laissant la hiérarchie des revenues parfaitement inchangée. Dans ce cas, la décroissance en tant que telle, appauvrissant tout le monde de manière parfaitement homogène, laissera le bonheur de chacun intact. »

Décroître OK, mais à condition que tout le monde le fasse de la même manière. On est pas tiré d'affaire, là...

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CE 2MIN’ A ÉTÉ PRÉPARÉ AVEC BONHEUR par Zofia

Zofia est étudiante en L3 de chinois à l'Université Paris 7, avec des intérêts difficiles à classifier: de la géopolitique à la poésie russe du XXème siècle. C'est une amoureuse de Paris, de ses librairies et de ses cinémas qui diffusent les grands classiques. Elle partage ici le must de ses lectures sur la société et les innovations.

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